Dans Narcissisms, Vesna Stefanovska explore cette frontière fragile entre le soi et son image, entre ce que l’on croit être et ce que l’on perçoit. Le regard devient un espace en tension : miroir, surface, projection. Mais que voit-on vraiment lorsque l’on se regarde ? Une présence ? Une construction ? Une illusion stabilisée par l’habitude ?

Ici, le narcissisme n’est pas un repli sur soi, mais une mise en question du regard lui-même. Le regard qui cherche, qui compare, qui tente de saisir une identité dans un flux instable. L’image se dédouble, se fragmente, se déplace. Elle échappe autant qu’elle se donne.

Dans cet espace, l’identité n’est jamais fixe. Elle oscille entre affirmation et disparition, entre visibilité et effacement. Ce qui semblait familier devient étrangement distant. Ce qui semblait stable devient mouvant.

Narcissisms ouvre ainsi une réflexion plus vaste : sommes-nous ce que nous voyons de nous-mêmes, ou ce que les autres perçoivent ? Et que reste-t-il lorsque le regard se détourne ? Dans ce jeu de reflets, Vesna Stefanovska ne propose pas de réponse. Elle crée une expérience — une faille dans laquelle le spectateur est invité à s’observer en train de regarder.